INTERVIEW DE DIDIER MAIXENT DJEIGO, DIRECTEUR GENERAL DE L’ANPE

Le samedi des métiers déjà un succès, la « Quinzaine nationale pour l’emploi » annoncée.

L’une des principales raisons du sous-emploi et du chômage des jeunes est le manque de connaissance des métiers porteurs. Dans le but de permettre aux jeunes béninois de découvrir les métiers porteurs, l’Agence Nationale Pour l’Emploi vient d’initier le « samedi des métiers ». La première édition qui s’est tenue le 25 février 2012 a connu un grand succès. Dans cette interview, Didier Maixent DJEIGO, directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi, revient sur les objectifs de ce programme. Reconnaissant que le système éducatif béninois ne prépare pas les jeunes à avoir une connaissance des métiers porteurs afin de faire des choix conséquents, ils les invitent à saisir des opportunités comme “le samedi des métiers“. Propos recueillis par Béatrice KOUMENOUGBO du journal “l’Autre Quotidien“

L’Autre Quotidien : Peut-on affirmer aujourd’hui que les jeunes n’ont pas connaissance des métiers porteurs ?

DMD : Je vous remercie pour l’opportunité que vous me donner de m’adresser à vos lecteurs. Le diagnostic nous permet de dire aujourd’hui que le modèle de formation, le cursus, de même que les curricula en matière d’éducation et de formation ne nous prédisposent pas à avoir une vision assez large de quel type de métier, de profession nous devons embrasser. Disons que nous avons un “réflexe diplôme“ plutôt “qu’un réflexe métier“. L’éducation telle qu’elle est conçue aujourd’hui, ne prépare pas les jeunes à avoir une connaissance assez large et fournie des métiers porteurs.

L’Autre Quotidien : “Le Samedi des métiers“, la récente initiative de l’ANPE vise à assurer une bonne communication autour des secteurs porteurs d’emplois avec un accent tout particulier sur les métiers. En dix éditions, l’ANPE va-t-elle atteindre une partie importante de sa cible ?

DMD :A propos du “Samedi des métiers“ il est important de remercier Madame le Ministre Rékya MADOUGOU qui a inspiré ce programme. Nous y avons donné du contenu. Mais la vision stratégique a été conçue par l’autorité. Le samedi des métiers est une activité qui permet d’une part de faire le zoom sur l’ANPE, d’ouvrir les portes de l’Agence, par des journées portes ouvertes sur l’offre de service globale à l’ANPE. D’autre part, d’attirer l’idée des uns et des autres sur un métier porteur dans un secteur porteur. Nous faisons des expositions en ouvrant des stands au profit des personnes qui animent le métier choisi et aussi en faisant des conférences débats, en permettant à des experts du domaine de venir échanger avec les jeunes. Nous avons planifié dix éditions comme vous le dites. C’est notre souhait que ces dix éditions atteignent une partie importante de la jeunesse. A la première, nous nous sommes rendus compte, que c’est une activité qui sera plus populaire, plus sollicitée, plus fréquentée que nous ne l’estimions. C’est tant mieux. Je peux vous dire que nous espérions une fréquentation d’environs 10.000 personnes y compris journées porte-ouvertes, les conférences et les stands, mais nous avons eu au moins 50% en plus. Et c’est le moment de remercier tous ceux qui ont participé en tant que visiteurs, exposants, communicateurs et autorités pour leur confiance et surtout de dire notre regret de n’avoir pas pu le jour de la conférence permettre à tous nos invités de rentrer dans la salle. A un moment donné la salle de conférence de la Mairie de Cotonou s’est retrouvée toute petite, nous avons dû, à notre corps défendant, demander à certaines personnes quoique invitées de retourner et ils n’ont pas pu bénéficier de cette première édition. Nous prenons l’engagement à travers vos colonnes, qu’à la prochaine édition nous prendrons des dispositions pour que tout le monde puisse y assister. En dix éditions nous espérons atteindre 15 mille personnes au moins. C’est déjà un record !

L’Autre Quotidien :En quoi c’est un record ?

DMD : On n’a pas de recul ! C’est un record par rapport à nos objectifs. Parce que nos objectifs c’était entre 8 mille à 10 mille personnes. Mais tel que c’est parti, l’évaluation que nous pouvons faire dès aujourd’hui c’est qu’à l’issue des dix éditions nous pourrions atteindre une population d’environ 15 mille personnes au moins.

L’Autre Quotidien :Pourquoi ne pas organiser plus de dix éditions ?

DMD : “Le samedi des métiers“, c’est une logistique assez lourde. C’est une activité que nous venons de démarrer. Déjà, Il faut pouvoir huiler le système pour atteindre nos objectifs et réaliser les dix éditions. Et comme nous sommes en phase de démarrage nous pensons que dix éditions c’est déjà un objectif assez pertinent. Cela dit c’est une édition par mois. Nous avons commencé en février et nous terminons en Novembre. Nous ferons le bilan en décembre et espérons que fort du succès annoncé et des moyens qui pourront accompagner cette activité nous arriverons à faire plus d’une édition par mois. Lire la suite...